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LETTRE A (18 mots)

Rappel : la prononciation du Parler Marseillais
(tout comme le Provençal et l’Italien) suit les règles de l’accentuation.
En effet, si vous rencontrez un
accent aigu (dit accent tonique) sur une voyelle,
il faut appuyer sur cette syllabe lors de la prononciation.
Sans cette accentuation, le mot perd tout son sens…

Agachon (être à l’ ) : nom masculin. Déclinaison du provençal agachoun, cabane de chasseur.
Etre à l'agachon, c'est être à l’affût, surveiller, épier, être sur ses gardes.
<< Depuis qu'il a reçu une lettre anonyme lui disant qu'il est cocu, il
est à l'agachon, faut voir ça ! >>
ou encore, prêt à tout pour ne pas rater une occasion, avec une fille, ou au stade…
<< regarde Papin, il est à l’agachon dans la surface ! >>

Aganter (se faire): verbe francisé tiré du verbe provençal aganta, attraper.
Synonyme marseillais : se faire choper, se faire prendre.
<< Cette andouille, y
s'est fait aganter par les condés*. >>... *police
<< T’as vu Ravanelli, y s'est fait aganter par le défenseur ! >>

Agassins : nom masculin pluriel tiré du provençal agacin, cor aux pieds.
Aujourd’hui s'applique aux pieds en général, surtout dans la locution: marcher sur les
agassins.
Utilisé surtout par les vieux Marseillais…
<< Oh gàrri
*, pousse-toi de là que tu me marches sur les agassins ! >>... *voir à G

Air (avoir l’ ) : Locution populaire qui, selon le ton employé, aura un sens premier, et un sens contraire.
Sur le ton de la moquerie, indiquera l’incompétence :
<< Vé le goal, y boulègue* tellement qu’il a l’air de chasser les mouches… >>... *voir à B
Et sur le ton du compliment, indiquera... la compètence :
<< Tè ! au moins celui-là il
a l’air de Chris Waddle…>>

Aï : Nom masculin provençal désignant l’âne, (qui se dit aussi ase ).
Entre dans diverses locutions injurieuses au sens de têtu :
<< Quel ! >>, ou bien << Dis, teste d', tu fais un peu ce qu'on te dit oui ?... >>
ou dans le sens de carrément borné :
<< tronche d'
  >> ou << con d' >>.

Alibòfis : Nom masculin pluriel désignant les testicules en terme grossier.
Trouve sans doute son origine dans aliboufier, nom provençal du Styrax, arbrisseau qui fournit un baume.
Ses fruits ont été assimilés, dans la langue populaire, aux parties génitales de l'homme.
<< Arrête de me gonfler les alibòfis >>
<< Vé Laurent Blanc dans le mur, d’une main il se protège le moure
*, et de l’autre les alibòfis >> *voir à M

Alors-alors : Interjection utilisée en fin de phrase pour indiquer le doute, le scepticisme :
<< Quoi ?… l’OM y vont perdre !
alors-alors >>
Utilisée seule, elle indique que la chose n’arrivera jamais :
<< -Eh Nine, y-a le Gaston qui fanfaronne en disant qu’il t’a tiré un palo
*…>> *voir à P
<< -Alors-alors ! ! ! >>

Amadou : nom provençal désignant la fibre facilement inflammable extraite d’un champignon (séché)
que l’on trouve en Provence, appelé l’amadouvier.
D’un steack trop cuit, un marseillais dira qu’il est sec comme de l’amadou,
ou d’un joueur qui en fait trop sur le terrain qu’il s’enflamme comme de l’
amadou.

Amandons : Nom masculin pluriel. Même signification que alibòfis.
Trouve sans doute son origine dans une interprétation du français amande.
<< Tu me casses les
amandons ! >>, ou bien << Je me gèle les amandons ! >>

Anchois (yeux bordés d') : Expression de structure française pour parler de quelqu'un
dont le tour des yeux est rougi à cause de la fatigue.
<< Va te coucher, vaï… que tu as les
yeux bordés d'anchois ! >>

An pèbre : locution provençale formée des mots an (année) et poivre.
S'emploie pour désigner une localisation chronologique incertaine:
Soit dans le passé :
<< Ou il est Antoine !... maaaa foi... j’ai plus vu sa figure de poulpe depuis
l'an pèbre… >>
Soit dans le futur :
<< Bakayoko, il est pas prés de re-planter un but avant
l’an pèbre >>

An qué ven (à l’ ) : Locution provençale signifiant à l’année prochaine
Se dit en fin d’année, ou bien dans le stade après le dernier match de la saison…
Un vrai provençal ne dira jamais :
<< bonne fin d'année, et à l'année prochaine !... >>
mais plutôt :
<< Bon bout d'an, et
à l’an qué ven >>

Aouf : Néologisme marseillais, issu de l’arabe.
Considéré comme un adjectif qualifiant ce qui est gratuit :
<< Par les temps qui courent, y a plus que l’air qu’on respire qui est aouf… >>

Àpi : nom masculin provençal désignant le cèleri.
Le cèleri-rave, de forme ronde, a engendré l’expression tête d’
àpi, qui qualifie quelqu’un de tétu.
En revanche, quelqu’un de borné sera traité de tronche d’
àpi

Arapède : Nom féminin d'origine provençale qui désigne un mollusque comestible
particulièrement difficile à arracher de la paroi rocheuse où il est accroché.
Traiter quelqu'un d'
arapède, c'est tout simplement lui reprocher de coller d'un peu trop près,
au propre comme au figuré.
<< Je l'ai laissé tomber, il commençait à faire un peu trop l’
arapède. >>
Ou bien : << Oh l’arapède, file un peu de là, tu me gonfles… >>

Arranger (s’ ) : N’a rien à voir avec le français arrangement .
En langage marseillais s’arranger signifie ajuster ses vêtements.
<< Oh Marius, arrange-toi un peu, on dirait un boumian* (ou une estrasse)… >> * gitan
Ou bien que l’apparence d’une personne s’est améliorée : << T’as vu la fille de Toinou,
qu’est ce qu’elle
s’est arrangée… c’est devenue une vrai bombasse… >>

Autrement : signifie à part ça..
Le plus souvent employé dans la formule  << Et autrement, comment ça va ? >>.

Avançer (s’ ) : se dépécher, se hâter.
<< Avançez-vous, qu’on va être à la bourre… >>


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