Dache (aller à) : A l’origine c’était le patronyme d’un déménageur célèbre du quartier
de La Belle-de-Mai, qui se serait installé plus au sud, à Endoume… donc très loin…
De là est née l’expression aller à dache. << cet enquiquineur ?… je te l’ais envoyé à dache... >>
Darnagas : nom provençal de la pie-grièche utilisé familièrement pour désigner
un individu borné ayant toujours raison… Ce mot n’a jamais la force d’une injure,
mais d’un adjectif soulignant affectueusement le trait de caractère de quelqu’un :
<< Ce Courbis quand même, c’était un drôle de darnagas… >>
Dattes (aller aux) : Mal finir, mal tourner… Dans le Nord, on dira aller à la mine…
Le travail des conditionneuses de dattes (fruits du Palmier Dattier) à Marseille,
était plutôt difficile et peu envié au début du siècle dernier.
A tel point que l’endroit en serait presque devenu maudit… :
<< Le Bertrand ? à force de faire des conneries de longue, hè bè maintenant, il a dû aller aux dattes… >>
Brandi comme une invitation, ça devient une punition… : << Va aux dattes vaï…, feignasse !... >>
Débouler : Se disait de l’animal qui fuyait devant le chasseur.
L’évolution lui a donné le sens de courir vite, d’arriver vite… :
<< Ho les minots… arrêtez de débouler comme ça, vous m’empéchez de pointer… >>
Décarcasser (se) : célèbre depuis la pub Ducros, ce verbe toujours utilisé avec
son pronom personnel, signifie se mettre en quatre, se lever l’âme, se bouger le cul…
<< Dis Toinou, tu vas un peu te décarcasser oui ?…
que ça fait 3 jours que tu es dessus cette toiture, et que ça fuit toujours... >>
Défaire (se) : verbe pronominal français dont le sens méridional est se dégraffer.
<< J’ai trop mangé, ça vous gêne pas si je me défais un peu ?… >>
Dégun : Pronom provençal indéfini qui se traduit par personne.
<< hier soir, on est allé au cinéma, y avait dégun !... >>
Pour l'anecdote, José Anigo, le Directeur Sportif de l'OM en 2005,
a fait installer un grand panneau au sortir du tunnel emprunté par les joueurs, et menant au terrain
sur lequel est inscrit en grosses lettres : A Marseille, on craint dégun !...
De longue
: Tout le temps, sans cesse, toujours… Expression couramment utilisée à Marseille.
Elle s’applique à toutes sortes d’actions : << Au moins Tigana, sur le terrain, y courrait de longue... >>
Ou bien : << Arrête de me coller de longue, tu me gonfles… >>
Déparler : verbe de structure française, mais signifiant au sens typiquement marseillais
que l’on devient grossier, que l’on emploie des mots que l’on ne devrait pas :
<< Ta Nine, elle m’a tellement fait venir chèvre, qu’elle m’a fait déparler… >>
Dépéguer (se) : verbe pronominal d'origine provençale, issu de pègo, poix.
C'est se débarrasser d'une personne gênante ou bien se sortir d'une situation difficile.
<< Je sais pas s’il arrivera à se dépéguer de cette affaire… >>
Ou bien << Elle le colle tout le temps, il arrive pas à s'en dépéguer. >>
Destrùssi : Nom masculin provençal qui signifie destructeur.
S'emploie pour les enfants à qui rien ne résiste.
<< Ce gàrri*, y peut pas garder un jouet, c'est un destrùssi de première !… >> * enfant, voir à G
Dîner : Sous l’ancien régime, le dîner se prenait à midi, et le souper le soir vers 18 h…
Si dans le Nord, on parle volontiers de petit-déjeuner, de déjeuner, et de dîner,
dans nos contrées, le dîner est resté à midi… << Ho Jules, souviens-toi qu’on dîne à midi… >>
Dis ? (qué mé) : 2ème personne du singulier du verbe provençal dire.
Seulement employé familièrement à la forme interrogative de l’indicatif présent.
Ce qui pourrait se traduire par qu’est ce que tu me racontes, que deviens-tu ?…
<< Tè, Fernand… alors, qué mé dis ?… >>
Dormiasse : Adjectif fantaisiste formé sur le français dormir.
Désigne toute personne aimant dormir, aimant faire la grasse matinée.
<< Celle-là, qué dormiasse, elle se lève tous les jours à midi !… >>
© 2004/2005 - BV - PlanèteMassalìa